Théorie Des "U"

HUIT DÉFINITIONS, CINQ PRINCIPES

C’est sur la base de 15 années de pratique et sur l’analyse méthodique de l’observation et de l’écoute de milliers de gestionnaires en formation, que la direction de l’Académie Compu.Finder a élaboré la THÉORIE DES U© 1, ainsi qu’une méthodologie du développement du talent des gestionnaires, le Cursus talentorum.

La THÉORIE DES U© s’articule à partir de notre définition de huit termes relatifs à l’outil, à l’ouvrage (le travail, la fonction, la tâche) et à l’œuvre auquel il est destiné et au gestionnaire qui s’en sert : utilité, usage, utilisation, usufruit et usure, ouvrage, œuvre et chef d’œuvre. Cette théorie est universelle, en ce sens qu’elle s’applique à tous les outils, à tous les utilisateurs et à toutes les sortes d’ouvrage.

Utilité

La première question qu’un utilisateur doit se poser avant de choisir et de saisir son outil est celle de son utilité. Il doit savoir et comprendre – et pouvoir expliquer - en quoi, pourquoi et comment cet outil lui sera utile pour accomplir son ouvrage et réaliser son œuvre.
 

Usage

L’usage est la manière habituelle d’utiliser un outil. Nous employons ce terme dans le sens de «meilleur usage». Il s’agit donc de l’ensemble des ajustements nécessaires. Si l’utilisateur ignore ces ajustements, le résultat de son travail ne sera pas à la hauteur de ses attentes.

L’utilisateur doit connaître les différentes possibilités d’ajustements pour obtenir de son outil l’effet désiré sur le matériau. À l’inverse, l’utilisateur doit avoir une vue claire de l’effet qu’il veut produire sur son matériau afin de bien ajuster son outil en conséquence.  La qualité de son œuvre en dépend.

Cependant, lorsque nous parlons de la «manière habituelle» d’utiliser un outil, nous ne voulons pas dire qu’un outil n’a habituellement qu’un seul usage. C’est même le contraire. En fait, il existe des catégories d’un même outil qui correspondent à autant d’usages différents. Par exemple, la scie circulaire à bois d’un bricoleur occasionnel n’aura pas les mêmes caractéristiques que celle du menuisier professionnel ou que celle installée en usine. Ce sont pourtant trois scies circulaires dont l’usage général est de scier des pièces de bois.

Nous pouvons donc distinguer, pour un même usage, cinq catégories qui permettent de raffiner cette notion et, par voie de conséquence, notre gestion des outils : usage personnel, usage professionnel, usage commercial, usage institutionnel et usage industriel.

On imagine rapidement l’importance de ces distinctions dans le choix du meilleur outil,  c’est-à-dire celui dont la durée, la résistance et la capacité seront adéquates et appropriées.

Utilisation

C’est l’action que l’on pose en se servant d’un outil. Il s’agit donc du potentiel de transformation du matériau. Cela implique que l’utilisateur doit bien connaître les possibilités de l’outil qu’il choisira sans oublier les possibilités du matériau de recevoir ces transformations.

Usufruit

En droit de la propriété, l’usufruit est le droit réel de jouissance qui confère à son titulaire (l’usufruitier) le droit d'utiliser la chose pour laquelle il a travaillé (ouvrage) et d'en percevoir les bienfaits (l’œuvre).

Nous touchons ici à l’élément premier de tout apprentissage (formation) et de toute utilisation d’un outil : la motivation reliée au plaisir, au bénéfice et au résultat désiré. Afin d’éprouver le plaisir que peut lui apporter la transformation du matériau qu’il travaille, l’utilisateur doit bien comprendre l’utilité, l’usage et l’utilisation de son outil, à défaut de quoi il ne sera pas satisfait du résultat de son ouvrage. Sa récompense sera proportionnelle, non seulement à l’effort fourni, mais d’abord au bon usage et à la bonne utilisation de son outil. À l’inverse, c’est l’anticipation de son usufruit qui soutiendra ses efforts vers l’excellence, vers le chef d’œuvre.

Usure

L’usure d’un outil est sa détérioration par un usage prolongé. La seule façon d’éviter l’usure d’un outil, à part d’en faire un usage et une utilisation optimale, serait de ne pas l’utiliser. L’utilisateur sait que son outil s’usera : le bon utilisateur peut même prévoir le rythme de l’usure de son outil selon l’usage qu’il en fait (et le matériau sur lequel il travaille) et anticiper quand viendra le temps de le rafraîchir ou de le remplacer.

L’usure d’un outil est reliée à la durée du travail : il exprime et illustre cette durée et ce travail. On peut même affirmer qu’un utilisateur dont les outils sont usés est un utilisateur qui travaille et en déduire qu’il est assez compétent et habile pour qu’on lui ait confié cet ouvrage.

L’utilisateur qui travaille, qui utilise ses outils, accepte cette usure : il sait qu’il devra éventuellement remplacer chacun de ses outils, peut-être par un outil semblable ou d’un modèle différent. Il devra alors réapprendre et comprendre l’utilité, l’usage et l’utilisation de ce nouvel outil. L’usure et l’usufruit font référence autant à l’utilisateur qu’à l’outil. L’usure relève des qualités du bon utilisateur : sa persévérance, son assurance et sa capacité à se renouveler et à se perfectionner.

Mais cette notion d’usure ne s’applique pas qu’aux outils : l’utilisateur et ses méthodes connaissent aussi l’usure. L’ouvrier aura besoin de se renouveler et de se perfectionner lorsqu’il aura atteint la limite utile de ses savoir faire et de ses manière habituelles de faire ou lorsque ses savoir faire et ses manières de faire auront été dépassés par les changements socio-économiques, technologiques, politiques ou même physiques et ne seront plus adaptés à ces nouvelles situations.

Autant nous reconnaissons l’usure comme un phénomène naturel, autant nous devons considérer le renouvellement et le perfectionnement comme des réponses naturelles à cette usure : renouveler ses outils, rafraîchir ses connaissances, valider sa compréhension, perfectionner ses savoir faire, raffiner et améliorer ses attitudes, développer sa culture générale.

L’usure est un facteur de changement, l’étape de vie - de la vie d’un outil, d’une connaissance, d’une habileté ou d’une attitude - qui précède son renouvellement. L’usure est un appel au changement, le premier pas vers l’avenir. Ne dit-on pas que gérer c’est prévoir?

Ouvrage, œuvre et chef d’œuvre

L’ouvrage est aussi bien le travail effectué que son résultat : on dira « se mettre à l’ouvrage » ou « qu’un ouvrage est difficile » mais on parlera aussi d’un « ouvrage bien fait » ou d’un « ouvrage de maçonnerie ».

Du point de vue de la gestion, on évoquera l’ouvrage en ces termes : décider, convaincre, animer, interviewer, planifier, communiquer, évaluer, prévoir, diriger, motiver, etc.

L’œuvre est le résultat d’un ouvrage manuel ou intellectuel : l’œuvre d’un artiste, de la nature ou du destin. On parlera aussi du « gros œuvre » que représente la construction d’un pont, du « bâtiment principal » d’une « construction élaborée ». En général, l’œuvre exprime un certain art, une certaine qualité de l’ouvrage, une habileté nécessaire de l’ouvrier.

En gestion, on utilisera les expressions suivantes : une réunion efficace, une équipe motivée, un budget équilibré, une stratégie gagnante, les meilleures recrues, un carnet de commandes assuré, les matériaux les plus avantageux, etc.

Le chef d’œuvre est un ouvrage difficile, exigeant de solides habiletés. Celui qui réalise un chef d’œuvre peut ainsi démontrer sa valeur et sa maîtrise devant ses pairs et les maîtres de son métier. Un chef d’œuvre est un ouvrage parfait ou très beau, On dira que c’est « un modèle en son genre ».

En gestion, le chef d’œuvre prendra les formes suivantes : un roulement de personnel et un absentéisme minimal pendant 5 ans, un taux de croissance record, l’obtention du « contrat du siècle », une promotion prestigieuse, une crise solutionnée sans perdant, une fusion réussie, un prix annuel international, etc.
 


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